N° 33008853

Utilisation d’un modèle biopsychosocial pour identifier les patients à risque et prédire la douleur transitionnelle ou chronique post-traumatique (TRAUMA PAIN)

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Diagnostics
Prévention et traitement
Prise en charge des patients

Domaines médicaux investigués

Anesthésiologie-Réanimation
Médecine d’urgence

Bénéfices attendus

Introduction

Les traumatismes accidentels représentent la principale cause de mortalité et d'invalidité chez les individus de moins de 45 ans à l'échelle mondiale. Dans ce contexte, les lésions de type musculosquelettiques (fractures) sont fréquentes et requièrent souvent une prise en charge chirurgicale.
Une récente étude de cohorte menée par Zhang et al. (2024)(1) sur 2033 patients traumatisés, a rapporté une prévalence de douleur chronique de 5.4% chez les patients monofracturés et de 30.4% chez les patients polyfracturés ou polytraumatisés. Des études plus anciennes ont décrit des prévalences de douleur chronique situées entre 39,5% et 85% après un traumatisme majeur. Parmi les patients qui consultent dans les centres de la douleur, 20 % mentionnent une opération chirurgicale ou un traumatisme comme étant la cause initiale de leur douleur chronique. Plusieurs auteurs ont décrit la prévalence de douleurs chroniques en fonction de la localisation des fractures mais à ce jour, aucune étude n’a décrit ce taux en fonction du profil du patient en tenant compte notamment l’origine du traumatisme et la gravité des lésions.

Définie comme une douleur persistante au-delà de 3 mois après une lésion tissulaire, la douleur chronique post traumatique est une maladie à part entière qui depuis 2019, figure dans la Classification Internationale des Maladies (ICD – 11) en tant que douleur secondaire à un traumatisme et/ou une chirurgie. La douleur transitionnelle est reconnue comme douleur persistante entre une semaine post traumatisme et trois mois (2). La douleur transitionnelle si elle n’est pas reconnue et traitée évolue invariablement vers la douleur chronique. En raison des conséquences multidimensionnelles (physiques, psychiques et sociales) qu’elle induit, la douleur chronique est source d’invalidité, de handicap et d’altérations majeures de la qualité de vie. La douleur chronique post traumatique impacte à la fois la personne, son entourage et la société, elle représente donc un réel enjeu de santé publique.

Malgré les avancées dans la prise en charge des patients traumatisés, la prévalence de la douleur chronique post-traumatique ne diminue pas depuis 20 ans. Cette problématique souligne l’importance de cibler de façon précoce les patients à risque de développer des douleurs chroniques. La transition de la douleur aiguë à chronique étant multifactorielle, des auteurs ont utilisé un modèle biopsychosocial pour concevoir des modèles prédictifs, identifiant des facteurs de risques de douleur chronique après une chirurgie (3), (4). Mais dans un contexte post-traumatique où les patients sont pris en charge en urgence, la littérature est plus pauvre. Quelques facteurs de risque ont néanmoins pu être relevés (genre féminin, alcoolisme, une intervention chirurgicale, l’intensité de la douleur aigue, des fractures des membres inférieurs, anxiété ou dépression préexistante) mais des études plus approfondies sont nécessaires pour identifier les profils à risque mais aussi les prises en charge préventives avant la sortie du séjour hospitalier.

Chaque année environ 1500 patients sont hospitalisés en urgence au CHU de Montpellier pour traumatisme ou polytraumatisme. Depuis 2024, le Département d’Anesthésie-Réanimation et Soins Critiques ainsi que le service de traumatologie de l’Hôpital Lapeyronie ont introduit l’approche biopsychosociale dans leurs pratiques courantes pour la prise en charge des patients conformément aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), qui préconise depuis 2021 l’utilisation des indicateurs PREMS et PROMS en pratique clinique courante (5). Dans ce cadre, les patients hospitalisés bénéficient d’une évaluation de leur profil psychosocial, ainsi que d’un recueil quotidien de leur vécu durant l’hospitalisation (intensité de la douleur, perception de la douleur, niveau d’anxiété, signes de stress post-traumatique, etc.), afin de mieux comprendre les facteurs susceptibles d’influencer leur trajectoire douloureuse pendant leur séjour hospitalier. La dimension biologique est explorée chez les patients participants à la collection biologique MABIOLIQ afin d’explorer la pertinence de l’analyse du BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) une neurotrophine connue pour son implication dans le développement de l'hypersensibilité à la douleur après une lésion mais aussi dans la douleur chronique.
Une téléconsultation post-traumatisme est également proposée aux patients après leur sortie de l'hôpital afin de détecter rapidement les patients dont la douleur persiste après leur séjour. A l’issue de cette téléconsultation, un accompagnement spécialisé par un algologue est systématiquement mis en place pour les patients présentant des douleurs persistantes au-delà de trois mois. Ces évaluations semblent confirmer la prévalence élevée de douleurs chroniques post-traumatique et montrent l’importance de l’évaluation multidimensionnelle des patients traumatisés et polytraumatisés durant le séjour hospitalier mais aussi dans les semaines qui suivent leur sortie de l’hôpital.
Le but de cette étude est de quantifier de manière plus complète l’interaction entre les facteurs cliniques, biologiques, thérapeutiques et psycho-sociaux afin de mieux comprendre des mécanismes de chronicisation et de mesurer les facteurs de risques précoces et de prédire le risque d’apparition de cette douleur chronique afin de potentialiser les stratégies de prévention chez les patients à risque (monitoring rapproché, anesthésie régionale, techniques non médicamenteuses et téléconsultations précoces).
Les critères de jugement seront le reflet des trois dimensions du modèle biopsychosocial: la dimension physique et biologique (gravité des lésions et marqueurs de la douleur), la dimension psychologique (anxiété, dépression, addiction) et la dimension sociale (activité professionnelle) .

Objectif principal
Identifier les facteurs de risque prédictif de douleur chronique post-traumatique

Objectif(s) secondaire(s)
-Mesurer la prévalence selon le type et la gravité des lésions
-Identifier les verrous intra-hospitaliers pouvant modifier la trajectoire des patients
- Analyser les trajectoires multidimensionnelles de la douleur post-traumatique

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance
Date de soins (JJ/MM/AAAA)

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

Mesure la variable âge au moment des soins

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 Montpellier France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Calendrier du projet

Date de début : 22/10/2025 – Date de fin : 21/10/2028 Durée de l'étude : 36
Etape 1 : Dépôt du projet
04/08/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 MONTPELLIER France

dpo@chu-montpellier.fr