Une étude avant-après favorisant les relations interpersonnelles et la cohésion d’équipe parmi les personnels de santé travaillant au bloc opératoire (Block-out Burnout)
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Introduction
Le syndrome d’épuisement professionnel (burn-out) touche un nombre croissant de professionnels de santé ces dernières années. La Haute autorité de santé le définit comme un syndrome résultant d’un déséquilibre prolongé entre les exigences professionnelles et les ressources professionnelles. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, ce syndrome se caractérise par trois dimensions : un épuisement émotionnel, une dépersonnalisation et une diminution du sentiment d’accomplissement personnel. Plusieurs études récentes ont mis en évidence que certains facteurs sociodémographiques, tels que le sexe féminin et un âge plus jeune, pouvaient être associés à un risque accru de syndrome d’épuisement professionnel (Chen et al., 2025; Dyrbye et al., 2019)
Il est important de préciser que le burn-out est inclus dans la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11) de l’Organisation mondiale de la santé en tant que phénomène lié au travail (occupational phenomenon). Il n’est pas classé comme une condition médicale, mais comme un facteur influençant l’état de santé dans le contexte professionnel (OMS, 2019).
Cette étude en sciences humaines et sociales s’inscrit dans une démarche de santé publique, en cohérence avec les orientations ministérielles visant la prévention de l’épuisement professionnel et l’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé. Le Ministère de la Santé et de la Prévention, à travers la Direction générale de l’offre de soins, a placé la santé psychologique des soignants au cœur de ses priorités en 2023, en incitant les établissements à développer des actions de recherche, de prévention et de promotion du bien-être au travail. Par ailleurs, selon le rapport publié par la Haute Autorité de Santé en 2017, le syndrome d’épuisement professionnel engage à la fois la responsabilité individuelle et collective du monde du travail, soulignant ainsi la nécessité d’une approche globale et partagée de sa prévention. Le projet Block-out Burnout s’inscrit pleinement dans cette dynamique, puisqu’il repose sur un recueil de données de routine favorisant l’adhésion des équipes au projet. Les informations collectées seront pseudonymisées et viseront à évaluer la perception du climat relationnel et du bien-être au travail des professionnels du bloc opératoire.
Le syndrome de burn-out est particulièrement prévalent dans les spécialités régulièrement exposées à des situations d’urgence, telles que la chirurgie et l’anesthésie-réanimation, domaines caractérisés par un haut niveau d’exigence technique, organisationnelle et émotionnelle. Selon l’étude (Odoxa–MNH, 2025) quatre professionnels de santé sur dix déclarent avoir déjà été concernés par un état d’épuisement professionnel.
De nombreuses études postpandémie suggèrent que le burn-out pourrait être associé à une augmentation des erreurs médicales et à une altération de la vigilance, laissant envisager un impact éventuel sur la qualité et la sécurité des soins (Afonso et al., 2024; Chen et al., 2025; Azoulay et al., 2025). L’épuisement professionnel pourrait également être associé à une diminution de l’estime de soi, une baisse de satisfaction au travail, un désengagement progressif, voire à un regret de carrière professionnelle.
Depuis la pandémie de COVID-19, le phénomène s’est nettement accentué. Cette période a mis en évidence plusieurs facteurs aggravants : surcharge de travail, pénurie de personnel, communication insuffisante, réduction du soutien hiérarchique et affaiblissement de l’esprit d’équipe. L’étude menée par Afonso et al. (2024) souligne particulièrement le rôle déterminant du manque de soutien hiérarchique et de la détérioration des relations interpersonnelles dans la survenue du burn-out.
Une étude conduite en réanimation a montré l’effet protecteur d’une communication positive et d’une cohésion d’équipe renforcée sur l’incidence du burn-out (Azoulay et al., 2025).
À ce jour, aucune étude similaire n’a, à notre connaissance, été menée au sein du bloc opératoire, un environnement pourtant marqué par des exigences techniques et organisationnelles intenses, un stress aigu et une forte interdépendance interprofessionnelle.
Le projet Block-out Burnout vise à promouvoir une culture positive au travail, fondée sur la communication bienveillante, la reconnaissance et la coopération interprofessionnelle. L’objectif est de démontrer que des attitudes simples et intentionnelles : échanges constructifs, temps de partage, feedbacks bienveillants peuvent améliorer le bien-être des soignants, renforcer la satisfaction au travail et réduire la prévalence du burn-out.
Cette étude trouve tout son sens dans le fait que les programmes de prévention et les ateliers centrés sur la communication et le soutien interprofessionnel figurent parmi les mesures jugées les plus efficaces par les professionnels de santé pour préserver leur santé mentale et améliorer leur bien-être au travail (étude Odoxa–MNH, 2025). Selon la même étude, 86 % des professionnels de santé considèrent leur santé mentale comme un élément essentiel à l’exercice de leurs fonctions, et près de la moitié la jugent absolument déterminante. Les facteurs humains du soin jouent ainsi un rôle central dans la qualité des prises en charge et, plus largement, dans la performance globale du système de santé.
En somme, l’étude Block-out Burnout vise à mieux comprendre comment les dynamiques relationnelles au bloc opératoire influencent le bien-être des soignants et à identifier des leviers concrets pour prévenir le burn-out.
Objectif principal
Évaluer l’impact de la mise en place de dynamiques relationnelles et de communication interprofessionnelle au sein du bloc opératoire sur la survenue de symptômes de burn-out.
Objectif(s) secondaire(s)
- Évaluer l’impact de la mise en place de dynamiques relationnelles et de communication interprofessionnelle au sein du bloc opératoire sur la survenue d’un épuisement émotionnel, d’une dépersonnalisation, d’une faible impression d’accomplissement, de l’association d’un épuisement émotionnel et d’une dépersonnalisation, d’un syndrome de burn-out.
- Contribuer à la santé publique et à la qualité de vie au travail, en fournissant des données pouvant orienter des actions de prévention et des programmes de soutien dans les établissements de santé.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD