N° 33008518

Qualité et faisabilité en vraie vie de l'auto-prélèvement anal pour le papillomavirus (HPV) dans le cadre de l'implémentation des nouvelles recommandations de dépistage du cancer anal des personnes vivant avec le VIH (QUAVIR)

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Diagnostics

Domaines médicaux investigués

Maladies infectieuses

Bénéfices attendus

Introduction

Les papillomavirus ou Human Papillomavirus (HPV) sont des virus à ADN à double brin circulaire de 8 kb qui présentent plus de 200 génotypes différents chez l'homme, certaines à tropisme cutanée et d'autres à tropisme muqueux. Pour les papillomavirus muqueux de type alpha, on distingue les HPV à bas risque, responsables de condylome acuminé, papillome, lésions de bas grade cervicales ou anales, et les HPV à haut risque (HPV-HR), principalement représentés par HPV-16 et 18, mais aussi 1, 33, 1, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, 68, 73, 82, et qui sont impliqués dans le risque de cancer du col, anal, vulvaire, et ORL. Virus strictement épithélioide, il se transmet dans le contexte d'atteinte épithéliale anale principalement par voie sexuelle, et se localise initialement dans les cellules de la couche basale pour suivre une différenciation virologique jusqu'aux couches épithélioides cornées.
Le cancer de l’anus est un carcinome épidermoïde dans la grande majorité́ des cas. C’est un cancer viro-induit par HPV-HR dans 88% des cas, majoritairement lié à HPV-16 (87% des cancers anaux HPV positifs) [1]. Le processus de cancérisation nécessite la persistance d'un HPV pro-oncogène, principalement HPV-16, puis l'évolution des cellules infectées vers des lésions de bas et de haut grades pré-cancéreuses, et enfin d'un cancer in situ. Ce processus, qui peut durer des dizaines d'années, permet en soit l'utilisation de stratégies de dépistages basées sur les lésions pré-cancéreuses et HPV-16 dans les populations à haut risque de cancer.

L’incidence du cancer anal est augmentée chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Cependant le niveau de risque peut fortement varier en fonction des PVVIH [2]. Basée sur cette méta-analyse d'incidence du cancer anal en fonction de différentes populations [2], les recommandations françaises de dépistage et de prise en charge des cancers chez les PVVIH préconisent un dépistage individuel de deux populations de PVVIH se distinguaient par une incidence supérieure à 45/100 000 p-a : les HSH-VVIH âgés de plus de 30 ans et les femmes vivant avec un VIH ayant un antécédent de cancer ou de lésion pré-cancéreuses de la vulve (https://cns.sante.fr/sites/cns-sante/files/2024/06/VIH-Cancer_Recommand…).

L’algorithme de dépistage du cancer anal repose sur l’utilisation d’un triage par test HPV 16, répété tous les 5 ans en cas de négativité. La détection de l'HPV16 se fait après prélèvement anal, grâce à un écouvillon possédant à son embout une brosse, et ce pour prélever les cellules épithélioides pour recherche HPV. Le prélèvement anal pour test HPV ou cytologie était réalisé jusqu'à présent par un professionnel de santé, mais les sociétés savantes, notamment de copro-proctologie, ont très récemment validé la possibilité d'auto-prélèvements anaux (3), même si les données de la littérature sont limitées, notamment en France. En cas de positivité HPV-16,
une cytologie anale réalisée à partir du même prélèvement et un examen proctologique sont à recommandés (figure 1). L'application de ces recommandations est maintenant devenue un soin courant depuis leur publication.

Au CHU de Montpellier, nous avons initié l'auto-prélèvement anal pour les PVVIH ciblées par les recommandations se rendant dans le département des Maladies Infectieuses et Tropicales depuis le 2 janvier 2025. A la date du 24 juin, 220 prélèvements anaux ont été réalisés chez des PVVIH, dont 208 pour des prélèvements anaux HSH.

La technique de détection des HPV à haut risque utilisée au CHU est une technique accréditée, utilisée en routine pour le dépistage du cancer du col de l'utérus: Détection des HPV à haut risque par automate Alinitym (société Abbott). La technique Alinitym est une technique de PCR quantitative entièrement automatisée qui comporte un témoin de cellularité interne à chaque prélèvement (beta globine humaine) et donne un résultat final qualitatif (présence ou absence d'HPV à haut risque ou résultat ininterprétable). Cette technique permet la détection de 14 HPV à haut risque avec un génotypage partiel en individualisant les HPV à haut risque HPV16, HPV18, HPV45, les HPV du groupe A - couvert par le vaccin anti-HPV nonavalent - (HPV31, 33, 52, 58) et les HPV du groupe B (HPV35, 39, 51, 56, 59, 66, 68)

Nous avons aussi standardisé les méthodes d'auto-prélèvement anaux grâce à l'intervention auprès des équipes du Dr Emilie Malezieux, du service de gastro-hépato-entérologie :
- réunion avec les IDE pour standardisation de l'information à donner aux patients avant auto-prélèvement. Les éléments suivants ont été communiqués : "pour l'auto-prélèvement anal, enfoncer l'écouvillon de 3 à 5 cm, bien tourner 10 secondes, en appuyant sur les parois de l'anus, et sortir l'écouvillon progressivement de l'anus en tournant 20 fois tout en appuyant sur les parois"
- Utilisation de la brosse "ANEX" : Brosse pour prélèvement cytologique anal Rovers® Anex Brush® verte non sécable stérile unitaire, et mise dans milieu Thinprep.

Un questionnaire clinique, réalisé dans le cadre du soin courant, et rempli par le médecin référent du patient, permet de vérifier la population d'appartenance de la personne dépistée (populations à risque), son âge (car les recommandations sont conditionnées par l'âge), le genre à la naissance. Le compte rendu sur Dx-care, rendu par le laboratoire d'analyse rend un résultat qui récapitule l'indication, et les résultats : présence d'HPV-16, 18 ou 45, et détection ou non d'HPV à haut risque du groupe A et du groupe B.
En cas d'impossibilité d'amplification HPV, le laboratoire d'analyse rend un résultat "ininterpétable".

Objectif principal
L'objectif principal de notre étude est d'évaluer la performance diagnostique de l'auto-prélèvement HPV anal réalisé dans le cadre d'un dépistage en soin courant dans des populations vivant avec le VIH à haut risque de cancer anal

Objectif(s) secondaire(s)
Évaluer l'épidémiologie du portage HPV-HR anal dans ces populations à haut risque de cancer
Évaluer parmi les porteurs HPV-16, les résultats cytologiques : cytologie normale, lésion de bas ou de haut grade, ou présence d'ASCUS+
Déterminer en cas de test HPV ininterprétable la cellularité du prélèvement (échec du test HPV lié à une insuffisance de cellules ou à une inhibition de PCR?)

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

Les indications de dépistage du cancer anal par la recherche par prélèvement anal d'HPV cibles des populations à haut risque au-dessus d'un âge seuil pour les HSH vivant avec le VIH (plus de 30 ans) notamment

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 Montpellier France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Calendrier du projet

Date de début : 24/09/2025 – Date de fin : 23/03/2026 Durée de l'étude : 6
Etape 1 : Dépôt du projet
04/08/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 MONTPELLIER France

dpo@chu-montpellier.fr