L'usage du CBD comme stratégie de réduction des risques chez les consommateurs de cannabis : une étude exposés-non exposés
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Introduction
Le cannabis, ou Cannabis sativa, est une plante originaire d’Asie centrale, découverte il y a environ 10 000 ans. Initialement exploitée dans l'industrie du textile, elle s’est démocratisée à partir du XXᵉ siècle pour ses propriétés psychotropes, jusqu'à devenir aujourd'hui la substance psychoactive interdite en France la plus consommée. Dans le monde ; on estime à environ 200 millions le nombre de consommateurs chaque année, selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). En France, cette tendance est particulièrement marquée, notamment chez les 15-25 ans, où sa prévalence figure parmi les plus élevées en Europe, selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) (Goullé & Guerbet, 2020).
Outre les effets euphorisants recherchés par les consommateurs, le cannabis expose à une palette d’effets indésirables significatifs. À court terme, il augmente considérablement le risque d’accidents de la voie publique (AVP), qui représentent la principale cause de décès chez les jeunes adultes. À plus long terme, sa consommation est associée à des troubles cognitifs, des syndromes amotivationnels, des troubles de l’humeur, un risque accru de développer des troubles psychotiques, et aux conséquences des produits inhalés avec combustion, notamment les risques liés à l’association fréquente avec le tabac (Karila et al., 2014).
Cette problématique est particulièrement préoccupante en milieu psychiatrique, où le cannabis occupe une place singulière : jusqu’à 45 % des patients atteints de schizophrénie (Olayinka et al., 2020) et 30 % des patients présentant un trouble bipolaire rapportent une consommation régulière (Agrawal et al., 2011), contre environ 10 % dans la population générale (Spilka et al., 2023). Cet écart peut s’expliquer par une vulnérabilité accrue aux troubles de l’usage de substances chez ces populations, ainsi que par la persistance de fausses croyances relatives à d’hypothétiques propriétés thérapeutiques du cannabis, notamment son rôle supposé d’anxiolytique. Or, ces consommations de cannabis, souvent motivées par des objectifs d’automédication (Glodosky & Cuttler, 2020), contribuent fréquemment à une aggravation des troubles psychiatriques sous-jacents.
Dans ce contexte, la prise en charge du trouble de l’usage du cannabis (TLU cannabis) constitue un enjeu majeur. Pourtant, les options thérapeutiques disponibles restent limitées. Les approches actuelles pour la prise en charge des troubles de l’usage du cannabis reposent principalement sur des interventions psychosociales, telles que les thérapies cognitivo-comportementales et les interventions motivationnelles, dont les taux de succès sont variables (Budney et al., 2018). Une alternative intéressante réside dans la réduction des risques, définie comme un ensemble de stratégies visant à diminuer les conséquences négatives de la consommation, sans nécessairement viser l’abstinence complète.
Dans les années 1960, il a été mis en évidence que les différents cannabinoïdes constitutifs du cannabis, en particulier le THC et le CBD qui représentent ensemble environ 80 % des cannabinoïdes totaux, agissent par interaction avec le système endocannabinoïde, impliqué dans la régulation de fonctions telles que l’humeur, l’appétit, la mémoire et la douleur. Ainsi, le THC possèderait une forte affinité pour les récepteurs aux cannabinoïdes, en particulier le CB1R, responsable des effets tels que l'euphorie, l’altération des perceptions et l’augmentation de l'appétit, tandis que le CBD agirait comme un antagoniste partiel du CB1R et un agoniste inverse faible du CB2R modulant l’effet du THC et n’entrainant pas d’effet psychoactif (Roychoudhury et al., 2021).
Actuellement, le THC est incriminé dans les effets délétères évoqués précédemment, tandis que le CBD est valorisé pour ses potentielles vertus thérapeutiques (Noreen et al., 2018). Ce dernier a notamment obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le traitement de certaines formes d’épilepsie résistantes chez l’enfant, telles que les syndromes de Dravet et de Lennox-Gastaut. De nombreuses études récentes montrent également des résultats prometteurs concernant l’utilisation du CBD dans la prise en charge de l’anxiété (Skelley et al., 2020), des troubles du sommeil (Ranum et al., 2022) et du sevrage aux substances addictives (Paulus et al., 2022), notamment au cannabis. Par ailleurs, la sécurité d’emploi du CBD est actuellement bien établie, avec peu d’effets secondaires significatifs rapportés. (Chesney et al., 2020)
Ainsi, au regard de ses vertus pharmacologiques, de l’absence d’effets indésirables majeurs, et de la ressemblance des modalités de consommation entre le cannabis riche en THC et les variétés riches en CBD dépourvues de THC, l’utilisation du CBD dans la prise en charge du TLU cannabis apparaît comme une hypothèse particulièrement intéressante. Actuellement, les données de la littérature convergent vers des effets positifs du CBD dans ce contexte. Cependant, le nombre d’études reste relativement limité et leur puissance méthodologique souvent faible. Dans ce cadre, la réalisation d’une étude exposés -non exposés interrogeant le potentiel du CBD comme stratégie de réduction des risques chez les consommateurs de cannabis apparaît pertinente, avec pour objectif d’étoffer les données existantes et d’ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques.
Objectif principal
Comparer l'évolution des consommations de cannabis entre un groupe de sujets exposés au CBD et un groupe de sujets non exposés sur une période de 6 mois
Objectif(s) secondaire(s)
Comparer l'évolution d'éventuelles comorbidités psychiatriques et addictologiques entre un groupe de sujets exposés au CBD et un groupe de sujets non exposés sur une période de 6 mois
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD