FRACAS : Vers une compréhension des Freins et Retard Au diagnostic des Cancers de l’AnuS
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Le carcinome épidermoïde du canal anal est un cancer rare, HPV induit dans près de 90 % des cas. Il est le type histologique majoritaire des cancers du canal anal (95 %) et son incidence ne cesse d’augmenter. Le cancer anal est encore diagnostiqué à un stade avancé alors que son diagnostic est accessible à l’examen clinique et qu’il existe des recommandations de dépistage dans certaines populations à très haut risque c'est-à-dire les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes et vivant avec le VIH, les femmes ayant un antécédent de transplantation solide depuis plus de 10 ans ou une pathologie vulvaire HPV induite. Il affecte encore majoritairement les patients en dehors de ces groupes à risque puisque 2/3 des carcinomes épidermoïdes sont diagnostiqués chez des patients n'ayant aucun facteur de risque, notamment les femmes sans antécédent de pathologie cervicale HPV-induite.
Les symptômes du cancer anal, qu'il s'agisse de tuméfaction anale ou de saignements sont souvent banalisés. Le recours à l'automédication est fréquent dans ces situations. La symptomatologie anale reste souvent un sujet tabou pas toujours abordé à la consultation par le patient ou par le praticien. L'examen de l'anus peut être mal vécu par le patient. Il est ainsi supposé que les réticences à l’examen proctologique soient multiples, intriquées et puissent venir du patient ou du praticien et retarder le diagnostic et donc la prise en charge.
L'accès aux soins peut varier en fonction du territoire et des conditions socio-économiques. Il a été démontré pour certains cancers une influence de facteurs socio-économiques. Cela est vrai pour le cancer cervical HPV induit mais n'a pas été montré pour le carcinome épidermoïde du canal anal. Un rôle délétère du tabagisme a déjà été évoqué.
Cependant les parcours des patients ne sont pas clairement identifiés en France et encore moins les éventuels freins à la prise en charge. Ainsi, identifier les parcours des patients en France et les éventuels freins et retard au diagnostic du carcinome épidermoïde de l'anus pourraient améliorer la précocité du diagnostic et in fine le pronostic des patients, celui –ci étant étroitement lié au stade tumoral.
L’objectif principal est de décrire les parcours de soins des patients chez qui un carcinome épidermoïde anal est diagnostiqué afin d’identifier les éventuels freins et retards à la prise en charge, qu’ils viennent du patient, du (des) praticien(s), du parcours de soins ou du non-respect des propositions de dépistage.
* Les objectifs secondaires seront les suivants :
1. Comparer les stades diagnostics et les parcours des patients selon s’ils relèvent ou non d’un dépistage des lésions anales précancéreuses et selon leur adhésion au dépistage.
2. Evaluer l’impact de l’accès aux soins, du score social ou de l’appréhension des patients sur le délai diagnostic.
3. Evaluer la proportion de patients qui ont bénéficié d’un examen clinique avec toucher rectal dès la première consultation
4. Evaluer les connaissances des patients sur les liens HPV et cancer de l’anus
* Critères d’évaluation
Le critère de jugement principal sera le délai entre l’apparition des symptômes et le diagnostic histologique de carcinome épidermoïde anal, en postulant qu’un parcours efficient est un parcours rapide entre l’apparition des symptômes et le diagnostic. Les parcours des éventuels patients peu ou asymptomatiques diagnostiqués de manière fortuite, lors d’un examen de dépistage seront également analysés, en précisant la motivation de la consultation qui a permis le diagnostic.
Les critères de jugements secondaires seront le stade TNM, le nombre de consultation(s) nécessaire au diagnostic et le nombre et la spécialité des praticiens consultés, les délais d’obtention des rendez-vous médicaux, le score social EPICES.
Les parcours des patients seront retracés pour pouvoir être décrits et analysés.
* Population cible-Population d’étude
La population cible est toute personne chez qui un carcinome épidermoïde anal est diagnostiqué pendant la période d’étude. Seront étudiés tous les patients qui acceptent de répondre à l’enquête qui leur sera proposée par un praticien participant.
Pour être la plus représentative possible, l’étude sera menée auprès de gastro entérologues, proctologues, chirurgiens colorectaux, radiothérapeutes ayant des modes d’exercices divers (libéraux, hôpitaux généraux, CHU, centres anti-cancéreux…) afin d’avoir une représentativité maximale. Les investigateurs seront recrutés auprès de réseaux professionnels divers qui ont donné leur accord de participation (ANGH, GREP, CREGG, SNFGE, FFCD). La communication autour de l’étude dans les réseaux professionnels ou lors de congrès permettra d’accroitre le recrutement d’investigateurs.
* Critères d’inclusion/ exclusion.
Pourront être inclus tous les patients âgés de 18 ans et plus, affiliés à un régime de sécurité sociale chez qui est diagnostiqué un carcinome épidermoïde anal histologiquement prouvé (invasif ou micro invasif selon les critères de la LAST classification) et qui accepte de remplir le questionnaire au plus tard 3 mois après le début du traitement.
Seront exclus, par soucis d’homogénéité, les autres types histologiques (adénocarcinome, lymphome, mélanome…), les patients hors délais en raison de potentiel biais de mémoire.
* Méthodologie/ Diagramme de l’étude/Plan expérimental
Il s’agit d'une étude non interventionnelle observationnelles prospective multicentrique française. Des investigateurs volontaires pour participer ont été identifiés auprès de réseaux professionnels divers (ANGH, GREP, CREGG, SNFGE, FFCD) et d’autres continueront à être sollicités par tous les canaux identifiés.
L’étude sera proposée aux patients suivis pour un carcinome épidermoïde anal ne s’opposant pas à la recherche. La participation à l'étude sera proposée par le praticien qui a fait le diagnostic de cancer, ou par un gastro-entérologue, oncologue ou radiothérapeute chargé de sa prise en charge à l’issue de la présentation en RCP d'oncologie. Une note d’information écrite sera remise au patient. La proposition de participation sera faite au plus tard 3 mois après le début du traitement.
Un questionnaire papier sera remis au patient, après le diagnostic, pour recueillir les éléments de son parcours de soins, ses éventuelles difficultés et ses réticences mais aussi ses connaissances d’un lien papillomavirus et cancer. Sa participation est évaluée à 20 à 30 minutes et n’interfère pas sur le soin.
Le praticien remplira un questionnaire avec les caractéristiques du cancer au diagnostic et la notion d'éventuels antécédents de lésion intra épithéliale de haut grade ou d'adhésion à un dépistage des lésions anales de haut grade. Sa spécialité, son mode d'exercice, et son éventuelle pratique d'anuscopie de haute résolution seront recueillis une seule fois pour toute l'étude. Les données seront recueillies de manière pseudonymisées, seront hébergées et analysées par le pôle méthodologie/data science de la Délégation à la Recherche en Santé et à l’Innovation du CHI de Créteil.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
* Justification scientifique et minimisation : Le recueil du mois et de l’année de naissance est strictement nécessaire pour calculer l’âge des participants avec la précision requise par les analyses statistiques (facteur de confusion majeur). L'exclusion du jour de naissance assure l'application du principe de minimisation des données conformément au RGPD, en réduisant le caractère identifiant de la variable.
* Garanties de confidentialité : * Pseudonymisation : Ces données ne sont jamais associées aux nom/prénom dans la base d’analyse, mais reliées à un code patient unique.
- Sécurité et accès : Seul le personnel de l’étude soumis au secret professionnel a accès aux données sources. Les données sont hébergées sur un environnement sécurisé [type HDS].
- Finalité : La variable "mois" est transformée en "âge" (donnée numérique) dès la phase d'analyse pour limiter l'exposition de données sensibles.
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
* Droits relatifs aux données personnelles du patient
Conformément aux dispositions de la CNIL (règlement européen 2016/679 sur la protection des données) et à la loi informatique et libertés relative à la protection des données modifiée le 12 décembre 2018 :
- Droit de demander à ce que les données soient rectifiées ou complétées. Droit également de demander la limitation du traitement des données (c’est-à-dire demander au CHI de Créteil de geler temporairement l’utilisation des données afin d’exercer les droits du patient).
- Même si le patient accepte de participer à la recherche, le patient peut à tout moment arrêter sa participation à la recherche et s'opposer au traitement de ses données pour la recherche. Dans ce cas, aucune information supplémentaire le concernant ne sera collectée.
- Possibilité également d'exercer son droit à l’effacement sur les données déjà recueillies mais celles-ci pourront ne pas être effacées si cela rendait impossible ou compromettait gravement la réalisation des objectifs de la recherche.
* Exercice des droits des patients
Ces droits s’exercent auprès du médecin qui lui a proposé de participer à l’étude ou du délégué à la protection des données : dpo@chicreteil.fr. Le patient peut également accéder directement ou par l’intermédiaire d’un médecin de son choix à l’ensemble de ses données médicales en application des dispositions de l’article L. 1111-7 du Code de la Santé Publique. En cas de difficultés, de réponse insatisfaisante ou d'absence de réponse, il a également le droit de faire une réclamation auprès de la CNIL via le site https://www.cnil.fr/fr/plaintes.
* Conditions de transfert des données personnelles du patient
Ses données médicales et ses données relatives à cette étude resteront gérées par le CHI Créteil, promoteur de la recherche. Ces données pourront également, dans des conditions assurant leur confidentialité, être transmises aux autorités de santé françaises.
Ces données pourront être communiquées aux personnes ou sociétés agissant pour le compte du promoteur et qui sont situés en France ou au sein de l’union européenne.