N° 30978383

Evaluation des pratiques et de l’impact du test de fuite et de la corticothérapie avant extubation de patient ayant bénéficié de ventilation mécanique en réanimation en France (STRIDEX)

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prise en charge des patients
Sécurité des patients
Organisation des établissements de santé

Domaines médicaux investigués

Anesthésiologie-Réanimation
Urologie, andrologie et néphrologie

Bénéfices attendus

Préciser le rationnel scientifique
Les dernières recommandations communes de la SFAR et SRLF (2016) préconisent de réaliser systématiquement (GRADE 2+) un test de fuite chez les patients ayant bénéficié de ventilation mécanique en réanimation pour évaluer le risque de développer une dyspnée laryngée après extubation. Elles insistent sur la nécessité (GRADE 1+) de ce test chez les patients présentant l’un ou plusieurs des facteurs de risque suivants : sexe féminin, taille de la sonde, intubation orotrachéale difficile/traumatique/prolongé, pression de ballonnet de sonde élevée.
Or, il a été montré que le test de fuite, pour ce qui est de prédire la dyspnée laryngée, a une bonne Sp et VPN (autour de 90%) mais des Se et VPP médiocres (respectivement 25-70% et 11-80% selon les études) (1-3).

Par ailleurs, la prévalence du Stridor post-extubation est très variable (1-30% environ selon les séries) (2-4). La ré-intubation imputable à la dyspnée laryngée concernerait environ 3% des patients (3).

D’autre part, et tout comme le test de fuite, la corticothérapie semble implantée de façon très variable dans les pratiques dans le monde et en France (5). Elle aurait un intérêt pour réduire le risque de stridor post extubation (4).

Nous avons réalisé en 2025 une évaluation des pratiques professionnelles en France, sous la forme d’un questionnaire par service de réanimation. Parmi les 114 (sur 178 contactés, soit 64 % de réponse) services ayant répondu, 14% déclaraient réaliser de façon systématique un test de fuite au décours d’une épreuve de sevrage de la ventilation en faveur d’une extubation (6).

Hypothèse du travail
Nous pensons que le test de fuite est un outil peu pertinent dans la population générale des patients de réanimation et qu’il pourrait potentiellement retarder des extubations de patient.
Dans le travail de Lewis et al., les pratiques rapportées sont très hétérogènes selon le pays, le lieu d'exercice, l'expérience du praticien (5). De plus, le test de fuite, lorsqu'il est défavorable, mènerait souvent à un report de l'extubation. Ce retard à l’extubation pourrait grever le pronostic des patients de réanimation intubés et ayant réussi une épreuve de sevrage de la ventilation mécanique (7-8).

Objectifs
Objectif principal :
Evaluer la différence entre le délai d'extubation, selon la réalisation ou non d'un test de fuite, chez les patients intubés plus de 48h en réanimation, après une épreuve de sevrage de la ventilation mécanique favorable à l’extubation.

Objectifs secondaires :
Evaluer l’impact de la réalisation, ou non, du test de fuite et/ou de la corticothérapie sur :
1) L’échec d’extubation
2) La durée d’intubation
3) La durée de séjour
4) La morbidité et la mortalité
5) Evaluer les pratiques en réanimation sur la réalisation d’un test de fuite et d’une corticothérapie avant l’extubation, chez les patients ayant eu une épreuve de sevrage ventilatoire positive.

CJP : Délai d'extubation, chez les patients intubés plus de 48h en réanimation, après une épreuve de sevrage de la ventilation mécanique selon la réalisation ou non d'un test de fuite

Il s’agirait également de définir quel est l’impact des recommandations de 2016 et notamment de la partie concernant le test de fuite et la corticothérapie avant extubation sur les patients de réanimation en France.

Critères d’inclusion :
- Patients intubés depuis plus de 48h
- Succès d’une épreuve de sevrage de ventilation mécanique (ESVM)

Critères de non inclusion :
- Extubation directe (sans ESVM)
- Raisons réglementaires
- Refus du patient suite information
- Extubation dans le cadre d’une ATA (arrêt des thérapeutiques actives) ou limitation des thérapeutiques actives
- Patient avec pathologie ORL obstructive des VAS à l’admission, brulure des VAS
- Réadmission en réanimation au cours du même séjour hospitalier

Méthode:
Le recueil de donnée se fera de façon prospective sur une période de deux semaines via un e-CRF. Les patients seront suivis au maximum pendant 28 jours à partir du jour de leur hospitalisation en réanimation (statut vital) et/ou jusqu’à 7 jours après leur extubation (épisode infectieux post extubation).
Les données attendues seront relevées par l’investigateur principal de chaque centre qui sera le seul à connaitre la période exacte de recueil.

Les caractéristiques initiales des patients seront décrites selon la réalisation ou non d’un test de fuite avant l’extubation. Les variables quantitatives seront exprimées en moyenne ± écart-type ou en médiane [intervalle interquartile] selon leur distribution, évaluée par inspection graphique de normalité. Les variables qualitatives seront présentées en effectifs et pourcentages. Les comparaisons bivariées entre les deux groupes (test de fuite vs absence de test de fuite) utiliseront un test de Student ou un test de Wilcoxon pour les variables quantitatives, et un test du χ² ou de Fisher pour les variables qualitatives, selon les effectifs attendus.
Le critère de jugement principal, correspondant au délai entre la réussite de l’épreuve de sevrage de la ventilation mécanique et l’extubation, sera comparé entre les deux groupes. Une analyse multivariée sera réalisée afin de tenir compte des facteurs de confusion potentiels identifiés a priori ou associés au critère de jugement en analyse bivariée (p < 0,10), tels que l’âge, la gravité initiale, la durée d’intubation préalable, la présence d’une corticothérapie, ou les comorbidités respiratoires. Selon la distribution du critère principal, cette analyse reposera sur un modèle de régression linéaire ou sur un modèle de régression adaptée après transformation si nécessaire.
Les critères secondaires (échec d’extubation, durée totale d’intubation, durée de séjour, morbidité et mortalité) seront analysés selon des modèles statistiques appropriés à la nature des variables : régression logistique pour les critères binaires, régression linéaire ou modèles de survie pour les durées. Une attention particulière sera portée à l’effet combiné du test de fuite et de la corticothérapie, avec analyses d’interaction si pertinent.
Toutes les analyses seront réalisées de manière bilatérale avec un risque alpha fixé à 0,05. Les résultats seront présentés sous forme d’estimations d’effet avec leurs intervalles de confiance à 95 %. Les analyses statistiques seront effectuées à l’aide du logiciel R (R Foundation for Statistical Computing, Vienne, Autriche).

Le recueil informatique des données se fera via le logiciel REDCAP®.

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Aucune

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU de ROUEN

1 Rue de Germont 76000 Rouen 76 000 ROUEN France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Calendrier du projet

Date de début : 01/06/2026 – Date de fin : 01/12/2026 Durée de l'étude : 6
Etape 1 : Dépôt du projet
28/04/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Destinataire(s) des données

Destinataire des données 1

CHU de ROUEN

1 Rue de Germont 76000 Rouen 76000 ROUEN France

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

20

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(j) archives, recherche scientifique ou historique, ou statistiques

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

Au sein du CHU de Rouen, les patients sont informés par voie d’affichage des thématiques de recherche dans les services, ces affiches renvoient vers d’autres informations sur le site web du CHU de Rouen :
• Note d’information « Connaitre vos droits > Vos données de santé »
• Information « Connaître vos droits > La recherche biomédicale » avec la mise en place du portail de transparence listant tous les projets en cours et à venir (actualisé tous les 3 mois)
Les patients sont informés individuellement via la remise d’un livret d’accueil ( actualisé annuellement) ou la mise à disposition d’une brochure sur l’information relative à la réutilisation de données à des fins de recherches et d’études dans les services.
Une information individuelle succincte (mention courte dite de premier niveau) est mentionnée sur les courriers de convocation, les comptes rendus médicaux et les SMS de rappel de convocation.
Pour ce projet, une note information individuelle est également disponible et mis à disposition des centres investigateurs, notamment en l’absence de dispositif tels que ceux cités ci-avant.
Une information collective et individuelle est ainsi mise en place
Le patient peut à tout moment s’opposer, sans avoir à justifier son refus, à l’intégration de ses
données dans EDSaN ou à la réutilisation des données de santé pour la recherche.
S’il est mineur, il peut à sa majorité revenir sur la décision prise par ses parents.
Pour exercer ses droits, il peut contacter le délégué à la protection des données (DPO) :
- via le formulaire en ligne pour exercer son droit d’opposition à la réutilisation des données : https://www.chu-rouen.fr/opposition-patient-recherche/
- par courriel à l’adresse : dpd@chu-rouen.fr
- par courrier : Délégué à la protection des données (DPO) - CHU de Rouen - Direction des Affaires juridiques - 1 rue de Germont - 76031 Rouen cedex

Délégué à la protection des données

CHU de ROUEN

1 Rue de Germont 76000 Rouen 76000 ROUEN France

dpd@chu-rouen.fr