N° 33008260

Evaluation de la prévalence du psycho-traumatisme chez le mineur à partir de 7 ans victime de violences et consultant à l’UAPED de Montpellier, au moyen d’un questionnaire validé et standardisé, le Child PTSD Checklist (CPC)

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prise en charge des patients
Compréhension des maladies

Domaines médicaux investigués

Pédiatrie
Psychologie et psychiatrie

Bénéfices attendus

Introduction

Une UAPED (Unité d'Accueil Pédiatrique pour Enfant en Danger) accueille, au sein de locaux spécialement dédiés, les enfants et adolescents dans les cas de danger, risque de danger ou suspicion de violences. La prise en charge de l’enfant est alors multidisciplinaire, pédiatrique et médico-légale, psychologique, sociale, ainsi que judiciaire avec une salle d’audition filmée, le tout dans un même temps de consultation.
Leur déploiement sur tout le territoire est récent et s’inscrit dans le cadre du Plan National de lutte contre les violences faites aux enfants (2020-2022) lancé en novembre 2019.
Au temps de la consultation avec le médecin légiste, l’enfant est examiné et sa parole est recueillie à la recherche de douleurs physiques, d’une part, et d’un retentissement psychologique, d’autre part, et ce afin de définir une I.T.T (Incapacité Totale de Travail), c’est-à-dire une notion juridique pénale permettant au magistrat d’apprécier la gravité des violences exercées sur les personnes, qu’il s’agisse de violences physiques ou psychologiques. Elle est sans rapport avec le travail (puisqu’elle peut être définie chez une victime mineure) et correspond au nombre de jours où la personne a été gênée dans la réalisation des actes de la vie courante (alimentation, habillage, déplacement…). En fonction de cette
durée, il pourra qualifier l’infraction pénale commise en contravention ou délit, et les peines encourues en seront différentes.
La dimension physique de l’I.T.T fait l’objet de nombreuses études, tandis que l’aspect psychologique reste encore à ce jour bien moins abordé par la littérature, d’autant qu’il intéresse de plus en plus les magistrats, les traces physiques de violences n’étant ni les plus fréquentes, ni les plus invalidantes, surtout chez l’enfant.
En 2018, Baccino et al. menaient une étude rétrospective sur 232 victimes adultes examinées au sein de l’Unité Médico-Judiciaire du CHU de Montpellier afin d’étudier différents facteurs médico-psychologiques pouvant servir déterminants à la fixation de l’I.T.T, selon les critères validés par le DSM V. Parmi les symptômes psychotraumatiques significatifs vis-à-vis de la durée de l’I.T.T (c’est-à-dire associés à un allongement de celle-ci), il était mis en évidence des symptômes répétitifs (rêves répétés…), dissociatifs (flash-backs…), d’évitement, d’éveil (hypervigilance, irritabilité, sursauts, troubles de la concentration…). Cependant, l’étude intéressait uniquement les victimes âgées de plus de 18 ans et, bien que l’évaluation reposait sur des critères du DSM-V, elle était réalisée par deux psychologues différents et sans usage d’un questionnaire standardisé, posant alors la question d’un biais d’évaluation.
Ceci permet de soulever un point important : l’absence de standardisation dans l’évaluation du retentissement psychologique, encore plus chez l’enfant où celle-ci peut être plus délicate, et donc l’existence possible d’une importante variabilité inter-professionnelle.
Le trouble de stress post-traumatique pédiatrique comprend quatre grandes catégories de symptômes : résurrection de l'événement, comportements d'évitement, troubles cognitifs et de l'humeur, et hyperactivation neurovégétative. Il s'agit des mêmes symptômes que ceux observés chez l'adulte.
Plusieurs études se sont déjà attachées à rechercher des signes de psychotraumatisme chez les mineurs supposés victimes de maltraitance.
Parmi celles-ci, l’on peut citer :
Une étude multicentrique de 2021 (Pays-Bas, Allemagne, Australie) recrutant des patients adultes, mais atteints d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT) mis en lien avec des sévices dans l’enfance, à la recherche d’une relation causale entre le type de sévices (physiques, psychologiques, sexuels) et la sévérité du TSPT. La sévérité du TSPT était évaluée au moyen de deux questionnaires : un hétéro-questionnaire, le CAPS-5, et un auto-questionnaire, le PCL-5, encore validés à ce jour, et il était surprenant de constater que seules les violences psychologiques étaient associées à une augmentation de la sévérité du stress post-traumatique. Cependant, l’étude comportait plusieurs limites. L’évaluation de la maltraitance était faite au moyen d’un auto-questionnaire rétrospectif (CTQ-sf) et donc soumise à un important biais de mémoire (risque de sous ou surestimation des traumatismes passés), et l’étude n’incluait que des patients déjà pris en charge pour un TSPT, avec un risque de biais de sélection.
Une étude américaine de 2011 inclut 84 adolescents entre 11 et 17 ans placés en institution dans le cadre de faits de maltraitance. Les symptômes post-traumatiques sont évalués au moyen de 3 questionnaires différents. L’étude met en évidence une symptomatologie plus sévère chez les adolescents ayant été victimes de sévices physiques ou sexuels, que ceux victimes de négligence. Cependant, plusieurs limitations sont à soulever : les faits de maltraitance rapportés sont déclaratifs, exposant ainsi à un biais de mémorisation, l’utilisation de plusieurs questionnaires pour recueillir les données, et l’échantillon limité à des mineurs déjà placés en institution (réduisant alors l’effectif à des faits suffisamment graves pour induire un placement).
En France, jusqu’en 2016, le trouble de stress post-traumatique était principalement évalué grâce au CPTS-RI (Child Posttraumatic Stress Reaction Index), basé sur le DSM-IV.
Depuis 2014, les anglo-saxons utilisent le CPC (Child PTSD Checklist), basé sur le DSM-V, qui comprend une version pour le parent et une pour l’enfant.
Une première section évalue la présence d'événements traumatiques dans la vie de l'enfant (exposition directe ou indirecte), si un événement est coché, les deux sections suivantes sont proposées. Une deuxième section évalue la fréquence des symptômes (en 21 questions) et la dernière la répercussion fonctionnelle (en 6 questions). Notons qu’il s’agit du seul questionnaire étudiant la gêne fonctionnelle dans le cadre du PTSD.
A la suite des attentats de Nice en 2016, dans le but d’étendre l’utilisation de ce questionnaire à la France, une étude prospective intéressant 174 enfants témoins des attaques terroristes de Nice et 122 de leurs parents, a permis de valider l’usage du CPC à la recherche de stigmates de psycho-traumatisme chez l’enfant de 7 à 18 ans, et pour la mesure de leur intensité.
La principale limite de cette dernière étude est l’utilisation du questionnaire dans le cadre d’un traumatisme unique et non pour des traumatismes répétés, comme dans le cadre de la maltraitance, offrant alors cette possibilité à de nouvelles recherches telles que la nôtre.
En conclusion, l’étude de la littérature quant au psycho-traumatisme chez les mineurs victimes de maltraitance est assez pauvre et met en évidence plusieurs limitations :
- absence de standardisation (pluralité des questionnaires utilisés)
- absence d’application à la médecine légale (aucune étude évaluant le psycho-traumatisme chez les mineurs dans le cadre d’une consultation sur réquisition judiciaire)
- absence d’évaluation de la gêne fonctionnelle dans la plupart des questionnaires (sauf le CPC).

Afin d’estimer la prévalence du syndrome de stress post-traumatique (TSPT) chez les mineurs victimes de violences, nous proposons une étude observationnelle. Nous évaluons la présence d’un TSPT de manière systématique dans le cadre de nos consultations médico-légales. Longtemps, la méthode d’évaluation n’était standardisée : chaque médecin légiste avait la liberté d'évaluer ces symptômes psychologiques de la façon dont il le souhaitait. Conscients de cette limite, nous avons travaillé en collaboration avec le service de pédopsychiatrie du CHU de Montpellier pour une modification de nos pratiques afin d’harmoniser cette évaluation, nous avons fait le choix d'utiliser le CPC de manière systématique et homogène. Ainsi, depuis mai 2025, toutes les évaluations au sein de notre service se font avec ce questionnaire.

Objectif principal
Evaluer la prévalence du psycho-traumatisme chez le mineur de plus de 7 ans victime de violences et consultant à l’UAPED de Montpellier, au moyen d’un questionnaire validé et standardisé, le Child PTSD Checklist (CPC)
Objectif(s) secondaire(s)
Evaluer la prévalence d’une gêne fonctionnelle chez le mineur de plus de 7 ans victime de violences et consultant à l’UAPED de Montpellier, au moyen d’un questionnaire validé et standardisé, le Child PTSD Checklist (CPC)
Comparer la sévérité du syndrome de stress post-traumatique selon plusieurs facteurs (âge au moment de la consultation, âge au moment des violences, sexe, type de violences subies, caractère unique ou répété des violences, type de violences intra-familiales ou extra-familiales, présence éventuelle de comorbidités psychiatriques)

Rechercher la concordance des résultats des questionnaires CPC parent et enfant.

Rechercher une association entre la présence d’un trouble de stress post-traumatique et la détermination de l’ITT par le médecin légiste

Rechercher une association entre la sévérité d’un trouble de stress post-traumatique et la détermination de l’ITT par le médecin légiste

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations relatives aux pathologies des personnes concernées
Informations relatives aux bénéficiaires de soins et de prestations médico-sociales

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance
Date de soins (JJ/MM/AAAA)

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

Calcul de l’âge au moment de l’inclusion

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 Montpellier France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Calendrier du projet

Date de début : 29/08/2025 – Date de fin : 28/08/2026 Durée de l'étude : 12
Etape 1 : Dépôt du projet
04/08/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 MONTPELLIER France

dpo@chu-montpellier.fr