Étude de l’atteinte rénale dans la sclérodermie systémique à partir d’une cohorte prospective française (SCLEROKID)
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
La sclérodermie systémique est une maladie auto-immune systémique pouvant engager le pronostic vital et fonctionnel. Cette maladie rare concerne entre 6000 et 9000 patients en France, essentiellement des femmes avec un pic de fréquence entre 45 et 64 ans (1,2). La physiopathologie n’est que partiellement connue mais nous savons qu’il existe trois principaux mécanismes physiopathologiques participant au développement des atteintes d’organes. En premier lieu, une atteinte vasculaire par dysfonctionnement des cellules endothéliales, entraînant un excès d’endothéline 1, qui possède une action vasoconstrictrice. Ensuite, une atteinte fibrosante par activation non contrôlée des fibroblastes occasionnant une modification de la matrice extra-cellulaire avec production excessive de collagène. Mais aussi, une atteinte inflammatoire avec la sécrétion d’anticorps anti-nucléaires qui participent à l’expression de l’auto-immunité de la maladie (3).
Parmi les manifestations particulièrement sévères se trouve l’atteinte rénale. La présentation dite classique est appelée crise rénale sclérodermique, correspondant à une insuffisance rénale aiguë sévère associée à une hypertension artérielle avec retentissement clinique (principalement neurologique, pulmonaire, cardiaque). Elle peut être concomitante d’une atteinte de type microangiopathie thrombotique d’expression rénale (4). Ces manifestations peuvent aboutir à l’insuffisance rénale terminale avec besoin d’épuration extra-rénale, et peuvent conduire in fine à la transplantation rénale. Selon les données historiques, la crise rénale sclérodermique survient en moyenne chez 4 à 12% des patients atteints de sclérodermie systémique (2). La morbidité associée est importante avec un taux de dialyse chronique entre 19 et 40% des patients, et un taux de transplantation rénale de 3 à 17% (3). En ce qui concerne la mortalité à 1 an, celle-ci reste conséquente autour de 30% malgré l’utilisation des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (3). Des facteurs prédictifs de crise rénale sclérodermique ont été identifiés chez des patients connus pour avoir cette maladie (5,6).
Plusieurs cas de sclérodermie sur atteinte rénale isolée initiale, le plus souvent liés à une sclérodermie sine scleroderma, et/ou avec présentation rénale atypique (formes normotensives notamment) ont été rapportés (7). L’identification d’autres atteintes d’organes en lien avec la sclérodermie systémique ayant été faite dans un second temps (8–10). Dans l’étude de Penn H. (11), la série de cas révélait que 22% des crises rénales sclérodermiques étaient la première présentation clinique de la maladie chez le patient. Ils soulignent le fait que plus de 20% des patients atteints de crise rénale sclérodermique n’avaient pas reçu de diagnostic lors de la prise en charge initiale.
Par ailleurs, l’atteinte rénale peut également évoluer de manière plus insidieuse sous forme de néphropathies interstitielles chroniques, glomérulopathies ou microangiopathies insidieuses. Si la crise rénale sclérodermique a fait l’objet de nombreuses études, notamment dans des cohortes prospectives internationales telles que EUSTAR, CSRG ou ASCS, l’évolution à long terme de la fonction rénale, en dehors des formes chroniques, est bien moins documentée. La majorité des données disponibles sont rétrospectives ou limitées par l’hétérogénéité du recueil des paramètres biologiques rénaux. De plus, la relation entre les caractéristiques immunologiques, les traitements immunomodulateurs, et la survenue d’une atteinte rénale chronique ou infraclinique n’est pas clairement élucidée.
Objectif principal : Déterminer des paramètres cliniques et biologiques mettant en lumière des phénotypes de patients présentant une atteinte rénale au cours de l’évolution de la sclérodermie systémique.
Objectifs secondaires :
- Comparaison des facteurs de risque chez les patients avec crise rénale sclérodermique et patients avec insuffisance rénale chronique n’ayant pas présenté de crise rénale sclérodermique
- Évaluer la fonction rénale au cours du temps chez les patients atteints de sclérodermie systémique, et quels facteurs influencent cette trajectoire.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
Année de naissance nécessaire pour connaître l’âge et estimer la fonction rénale des patients
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD