N° 33006627

Béta-thalassémie mineure et grossesse : sévérité de la mutation béta 039

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prévention et traitement
Prise en charge des patients

Domaines médicaux investigués

Immunologie
Gynécologie obstétrique
Médecine interne

Bénéfices attendus

Introduction

Les thalassémies, du grec ancien « thalassa » (mer) et « haima » (sang) sont les maladies génétiques les plus répandues dans le monde. Elles appartiennent à la famille des hémoglobinopathies, et résultent en un défaut quantitatif d’hémoglobine avec un déséquilibre de la production des chaînes de globine libre.
On distingue 2 grands types de thalassémie, les alpha thalassémies parmi lesquelles les chaînes alpha globine sont produites de manière insuffisante, et les béta thalassémies où ce sont les chaînes de béta-globine qui sont insuffisantes.
Les béta thalassémies résultent le plus souvent de mutations ponctuelles (plus de 250 mutations rapportées), plus rarement de délétions (délétions bêta ou delta-bêta).
Pour les béta-thalassémies, on différencie 3 groupes de sévérité :
- On parle de béta thalassémie majeure (TM) ou thalassémie dépendante des transfusions (TDT) lorsque les deux gènes béta globine sont mutés, entraînant une anémie microcytaire et hypochrome sévère et précoce (Hb < 7 g/dl ou symptomatique (déformations osseuses, retard de croissance)) avec des besoins transfusionnels permanents. Les principales complications sont liées aux transfusions au long cours, en particulier à la surcharge en fer. L’électrophorèse met en évidence une HbF majoritaire avec une HbA absente ou en quantité très faible.
- Les béta thalassémies intermédiaires (TI) ou thalassémie non dépendante des transfusions (TNDT) ont un diagnostic plus tardif (en règle après l’âge de 4 ans) et reposent sur des bases moléculaires hétérogènes. La profondeur de l’anémie est très variable, celle-ci étant microcytaire et hypochrome, mais restant supérieure à 7-8 g/dl avec des besoins en transfusions absents ou occasionnels. L’étude de l’hémoglobine retrouve une HbA2 augmentée, une HbF augmentée, et une HbA abaissée mais présente le plus souvent. Les principales complications sont liées à la dysérythropoïèse.
- Les béta thalassémies mineures ou trait béta thalassémique, liées à une mutation hétérozygote du gène β-globine, ne sont pas considérées comme des maladies car le taux d’Hb est souvent normal ou très modérément abaissé, avec une pseudopolyglobulie (augmentation du nombre de globules rouges à VGT constant) microcytaire et hypochrome.
L’étude de l’hémoglobine montre une HbA2 augmentée > 3,5 %, une HbF normale ou très faiblement augmentée.
Les signes cliniques sont en général absents. Cependant lors d’épisodes de stress, d’infections, de carences ou de grossesse l’anémie peut être plus marquée.1
La grossesse de manière physiologique s’accompagne d’une érythropoïèse accélérée avec une expansion du volume total de globules rouges. Il existe parallèlement une expansion du volume plasmatique qui est proportionnellement plus importante à celle du volume de globules rouges résultant en l’anémie classique de la grossesse2. L’OMS définit l’anémie de la grossesse lorsque l’hémoglobine est inférieure à 11g/dl.
L’anémie de la grossesse est associée à de forts taux d’aggravation chez les patientes béta thalassémie mineure. L’ampleur des variations contraste avec les variations modestes décrites par l’OMS3. En effet l’expansion de la masse de globules rouges est limitée chez ces patientes.
Bien que la plupart des études soient rassurantes sur les risques de complications maternelles et fœtales, certaines rapportent des taux plus élevés d’hypertension gravidique, de petit poids pour l’âge gestationnel, d’oligohydramnios, de césariennes4 et de transfusions maternelles.
Les transfusions sont parfois réalisées sur un chiffre plutôt que sur des signes cliniques, par pratique instinctive de transfuser quand le taux devient bas, avec des seuils pas clairement définis, par crainte que l’anémie maternelle soit délétère pour le fœtus.
A ce jour, il n’existe pas d’étude sur les différentes mutations et leur impact clinico-biologique sur la grossesse, hormis une étude en Chine mais avec des fréquences de mutations différentes, analysant principalement les alpha thalassémies, et la carence martiale associée5.
Pas d’étude sur la répercussion de la perte d’un ou plusieurs gènes alpha associée, ni sur au contraire la triplication alpha avec un déséquilibre encore plus important du ratio alpha/beta.
Enfin l’expérience clinique des praticiens semblerait remarquer que la mutation B039, la mutation la plus fréquente dans les pays du pourtour méditerranéen semble être plus sévère en particulier lors des grossesses, avec des anémies encore plus profondes.

Objectif principal
Comparer la cinétique de l’anémie durant la grossesse chez les patientes béta-thalassémique mineures atteintes d’une mutation beta039 versus les autres mutations béta 0.

Objectif(s) secondaire(s)
Comparer les complications obstétricales et fœtales des patientes béta-thalassémique mineures atteintes d’une mutation beta 039 par rapport aux autres mutations béta 0 des béta-thalassémies mineures
Etudier la répercussion de perte ou de gain de gène alpha globine sur la sévérité de l’anémie d’une patiente béta-thalassémique mineure.

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations relatives aux pathologies des personnes concernées
Informations relatives à la prise en charge sanitaire, médico-sociale et financière associées à chaque bénéficiaire

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

Année de naissance pour évaluer si impact de l’âge dans la sévérité de la maladie

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 Montpellier France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Calendrier du projet

Date de début : 01/07/2026 – Date de fin : 30/08/2026 Durée de l'étude : 14
Etape 1 : Dépôt du projet
04/08/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 MONTPELLIER France

dpo@chu-montpellier.fr