N° 33102538

Rapid diagnostic testing for dengue in the emergency room in Occitanie in a context of possible emergence (RaDDEO)

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prise en charge des patients
Diagnostics

Domaines médicaux investigués

Médecine d’urgence
Maladies infectieuses

Bénéfices attendus

Introduction

La dengue est actuellement l’arbovirose humaine la plus répandue dans le monde, avec une estimation annuelle comprise entre 100 et 400 millions d’infections selon l’OMS [1]. Transmise par des moustiques du genre Aedes, notamment A. aegypti et A. albopictus, elle s’étend aujourd’hui à de nouveaux territoires, y compris dans les zones tempérées. A. albopictus, déjà implanté dans plus de 70 départements métropolitains, constitue le vecteur principal en France continentale. La virémie humaine peut durer jusqu’à 12 jours, permettant l’infection secondaire des moustiques et donc la transmission autochtone[1].
La France métropolitaine, historiquement concernée par des cas d’importation, connaît désormais des épisodes de transmission locale. Le nombre de cas autochtones a fortement augmenté à partir de 2022, avec 65 cas autochtones en 2022 et 45 en 2023, alors que seuls 48 cas avaient été enregistrés au total entre 2010 et 2021 [2]. Par ailleurs, l’année 2024 marque une intensification sans précédent des cas importés : 1 679 cas de dengue importée entre janvier et avril 2024, contre seulement 131 sur la même période en 2023 [3].
Dans ce contexte d’expansion épidémiologique, les autorités sanitaires (notamment l’ARS) recommandent une vigilance renforcée durant toute la période d’activité vectorielle (de mars à novembre). Un diagnostic précoce est essentiel pour éviter les chaînes de transmission secondaire, qui pourraient ancrer durablement la dengue comme maladie endémique dans une zone tempérée jusqu’alors épargnée.
Le diagnostic de la dengue demeure difficile en contexte non tropical, en particulier dans les services d’urgence (SAU), en raison de tableaux cliniques souvent aspécifiques (fièvres nues, douleurs diffuses, absence de syndrome inflammatoire franc). Actuellement, la confirmation repose sur la PCR (disponible uniquement en jours ouvrés) ou sur la sérologie, dont le délai d’obtention est trop long pour les décisions cliniques en temps réel. De plus, la sérologie peut être mise en défaut en cas de vaccination antérieure contre d’autres flavivirus (fièvre jaune, encéphalite japonaise) ou d’infection récente par un virus proche (Zika, West Nile).Les tests rapides antigéniques détectant la protéine NS1 du virus dengue (ou TROD NS1) sont sensibles pendant les 7 premiers jours de la maladie. Leur sensibilité est estimée à plus de 90 % en cas de primo-infection et à 60–80 % en cas de réinfection [4].
Dans ce contexte et sur décision de la cellule Risque Émergent Biologique, en zone à risque (Occitanie), les tests rapides antigéniques par TROD ont été introduits aux urgences du CHU de Montpellier en aout 2024.
Nos hypothèses sont les suivantes :
L’introduction de ce type de test aux urgences pourrait permettre :
● Un diagnostic rapide et fiable, y compris en dehors des horaires ouvrés.
● Une optimisation du triage des patients, en fluidifiant les circuits et en améliorant la prise en charge.
En pratique, les patients présentant une fièvre aiguë sans orientation diagnostique claire nécessitent souvent des examens biologiques, d’imagerie ou un recours à l’hospitalisation en médecine polyvalente pour « surveillance » ou poursuite du bilan étiologique. L’obtention d’un diagnostic positif immédiat via un test rapide permettrait d’éviter ces examens inutiles, de rassurer le patient et les soignants, et de réduire significativement les durées de passage aux urgences. À l’échelle du service, cela participerait à désengorger les SAU, en réduisant la pression sur les lits et les délais d’attente. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de parcours de soins efficient, centré sur le diagnostic rapide et l’orientation précoce, avec un bénéfice clinique, organisationnel et économique.
● Une notification précoce aux autorités sanitaires pour déclencher les mesures de lutte antivectorielle autour d’un cas index.
● Une meilleure surveillance en période d’activité vectorielle, notamment pour les cas sans notion de voyage, qui constituent les cas les plus à risque de transmission secondaire.
Nous faisons l’hypothèse que l’introduction du TROD NS1 dengue dans un service d’urgence hospitalier sur décision de la cellule Risque Émergent Biologique, en zone à risque (Occitanie) permettrait :
1. D’améliorer la détection des cas de dengue en contexte aspécifique ou en retour de voyage ;
2. De réduire les délais de diagnostic par rapport aux méthodes conventionnelles ;
3. D’optimiser les parcours de soins en réduisant les durées de passage et les hospitalisations évitables ;
4. De renforcer la détection précoce des cas autochtones et ainsi limiter le risque de transmission locale.

Objectif principal
Évaluer la sensibilité du test de diagnostic rapide TROD NS1 dengue chez les patients consultant aux urgences pour suspicion d’arbovirose, par comparaison au test de référence (RT-PCR ou sérologie selon la fenêtre diagnostique).

Objectif(s) secondaire(s)
1) Déterminer la sensibilité, spécificité, valeur prédictive positive et valeur prédictive négative d’un test de diagnostic rapide par rapport au test de référence (RT-PCR ou sérologie selon la fenêtre diagnostique)
2) Déterminer le délai d’avance au diagnostic entre le test de diagnostic rapide à l’étude et le test de référence qui aura permis de porter le diagnostic (qRT-PCR ou sérologie IgM ou ascension du taux sérologique IgG)
3) Déterminer la sensibilité, spécificité, valeur prédictive positive et valeur prédictive négative d’un test de diagnostic rapide en fonction de l’origine du cas : importé ou autochtone, du délai après date de début des symptômes, et du statut primo-infection vs réinfection.
4) Décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et biologiques des cas confirmés, autochtones ou importés
5) Comparer (avant-après) la durée du séjour aux urgences et le taux d’hospitalisation des patients avec un diagnostic confirmé de dengue.
6) Estimer l’impact médico-économique d’une stratégie basée sur le TROD

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social
Informations relatives aux pathologies des personnes concernées
Informations relatives aux conditions sociales, environnementales, aux habitudes de vie et au contexte socio-économique des personnes concernées

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Date de soins (JJ/MM/AAAA)
Commune de résidence de la personne étudiée

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

Date de soins : nécessaire car l’objectif secondaire est la reconstruction de la cascade de soins

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 Montpellier France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Calendrier du projet

Date de début : 01/06/2026 – Date de fin : 31/12/2026 Durée de l'étude : 7
Etape 1 : Dépôt du projet
10/08/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 MONTPELLIER France

dpo@chu-montpellier.fr