Combinaison épisodique de traitements par inhibiteurs de JAK en tant que traitement de secours en cas de perte de réponse à un traitement biologique dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin : J-HELP
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
INTERET:
La perte de réponse aux biothérapies constitue un défi fréquent dans les maladies inflammatoires chroniques, tant dans la rectocolite hémorragique (RCH) que dans la maladie de Crohn (MC). Même après optimisation du traitement, la perte de réponse conduit généralement à une modification du traitement de fond, entraînant une succession parfois rapide de changements thérapeutiques en l'absence de stratégies validées permettant de restaurer la réponse au traitement.
Les inhibiteurs de JAK se caractérisent par une action très rapide, avec des effets cliniques observables dès le troisième jour de traitement. Leur efficacité en phase d'induction est désormais bien établie, avec des taux de réponse attendus d'environ 80 % après un traitement de courte durée dans la RCH (programmes U-ACHIEVE et U-ACCOMPLISH) et d'environ 60 % dans la maladie de Crohn (programme U-EXCEL). Contrairement aux biothérapies, les inhibiteurs de JAK, qui sont de petites molécules, n'induisent pas d'immunogénicité, ce qui les rend particulièrement adaptés à des cures courtes répétées sans risque de développement d'anticorps neutralisants. Leur profil pharmacodynamique rapide en fait également des candidats théoriquement idéaux pour des traitements de secours courts et intermittents après une perte de réponse à une biothérapie.
Cependant, malgré leur efficacité importante et leur facilité d'utilisation, l'exposition prolongée aux inhibiteurs de JAK demeure problématique en raison de préoccupations de sécurité rapportées, notamment un risque accru d'infections et d'événements cardiovasculaires. Ces préoccupations limitent leur utilisation au long cours à une population sélectionnée de patients. Cette situation renforce l'intérêt d'explorer des stratégies thérapeutiques ciblées et de durée limitée plutôt qu'un traitement continu.
À ce jour, les données soutenant l'utilisation épisodique des inhibiteurs de JAK dans une intention de traitement de secours demeurent extrêmement limitées, avec une seule étude rétrospective disponible dans la rectocolite hémorragique. Aucune donnée prospective n'a évalué l'administration de cures courtes d'inhibiteurs de JAK « à la demande » afin de restaurer la réponse après une perte de réponse secondaire aux biothérapies, soulignant ainsi un important besoin de connaissances dans ce domaine.
Le but de l'étude est d'évaluer l'efficacité de la prescription transitoire d'un inhibiteur de JAK chez un patient présentant une poussée inflammatoire au cours d'un traitement de maintenance par biothérapie. L'efficacité est définie sur la base d'un critère composite impliquant notant le maintien de la biothérapie.
OBJECTIF PRINCIPAL :
Evaluer rétrospectivement la fréquence des échecs de la stratégie de traitement de secours par inhibiteur de JAK à 52 semaines chez des patients atteints de maladie inflammatoire chronique de l'intestin en perte de réponse à un traitement avancé. L'échec est défini par l'absence de réponse au traitement de secours, la nécessité d'un nouveau traitement de secours, l'arrêt ou la modification du traitement avancé d'entretien, une hospitalisation ou une chirurgie liée à la MICI, ou l'arrêt du traitement par inhibiteur de JAK pour cause d'événement indésirable.
OBJECTIFS SECONDAIRES :
Évaluer rétrospectivement :
- La proportion de rémissions cliniques et biologiques 52 semaines après un traitement de secours par inhibiteurs de JAK sans échec de la stratégie.
- La rémission endoscopique à la semaine 8 (+/- 3 semaines) chez les patients atteints de RCH.
- La normalisation endoscopique à la semaine 8 (+/- 3 semaines) chez les patients atteints de RCH
- La rémission histologique à la semaine 8 (+/- 3 semaines) chez les patients atteints de RCH
- Rémission échographique à la semaine 8 (+/- 3 semaines) chez les patients atteints de RCH ou à la semaine 12 (+/- 3 semaines) chez les patients atteints de maladie de Crohn.
- Réponse échographique chez les patients atteints de RCH à la semaine 8 (+/- 3 semaines) ou à la semaine 12 (+/- 3 semaines) chez les patients atteints de maladie de Crohn.
- Obtention d'une rémission échographique chez les patients atteints de RCH et de maladie de Crohn à la semaine 52 (+/- 12 semaines)
- Évaluer rétrospectivement la sécurité des inhibiteurs de JAK lorsqu’ils sont utilisés en traitement de secours.
- Identifier les facteurs prédictifs de réussite de cette stratégie
- Évaluer rétrospectivement l’amélioration des manifestations extra-intestinales après un traitement de secours par inhibiteurs de JAK.
POPULATION
Patients suivis pour une maladie de Crohn (MC) ou une RectoColite Hemorragique (RCH) dans les centres GETAID.
Principaux critères d'inclusion
- Patients atteints d'une maladie de Crohn ou d'une rectocolite hémorragique, diagnostiquées selon les critères cliniques, endoscopiques et histologiques habituels.
- Patients âgés de 18 ans ou plus.
- Patients traités par une thérapie avancée (infliximab, adalimumab, védolizumab, ustékinumab, risankizumab, mirikizumab, guselkumab, étrasimod, ozanimod ou golimumab) depuis plus de 6 mois, avec une réponse initiale documentée au traitement.
- Patients recevant depuis au moins 3 mois une thérapie avancée optimisée selon les modalités définies dans le protocole.
- Patients présentant une perte de réponse clinique et/ou biologique à la thérapie avancée, ayant conduit à l'ajout d'un inhibiteur de JAK (upadacitinib, tofacitinib ou filgotinib) en association avec le traitement avancé maintenu.
Principaux critères de non-inclusion
- Traitement par inhibiteur de JAK en monothérapie ou traitement limité à un aminosalicylé (5-ASA) ou à un analogue des purines.
- Traitement par corticothérapie systémique au moment de l'instauration de l'inhibiteur de JAK.
- Présence d'une stomie digestive lors de l'initiation du traitement de secours par inhibiteur de JAK.
- Pochite chronique ou colite non classée.
- Dossier médical ne comportant pas suffisamment d'informations pour permettre l'évaluation du critère de jugement principal.
METHODOLOGIE :
L'objectif est de réaliser une étude observationnelle, rétrospective et multicentrique.
Les patients seront identifiés à partir des bases des données patients des centres GETAID.
Les données cliniques, biologiques et endoscopiques seront recueillies à la baseline (introduction de l'inhibiteur de JAK), à 8 semaines (RCH) et 12 semaines (MC) et à 12 mois.
Tous les patients ayant entamé un traitement combiné épisodique (avec des inhibiteurs de JAK en tant que traitement de secours en cas de perte de réponse au traitement biologique) entre janvier 2018 et le 1er octobre 2025 seront éligibles à l'étude.
78 patients : 39 atteints de rectocolite hémorragique (RCH) et 39 atteints de la maladie de Crohn (MC)
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
L’âge au diagnostic (calculé à partir de l’année de naissance) et la durée d’évolution de la maladie sont des variables cliniques nécessaires à la description de la population étudiée. Elles peuvent influencer la prise en charge thérapeutique, l’évolution de la maladie et la réponse aux traitements. Leur recueil est nécessaire pour l’analyse des facteurs associés aux résultats observés dans l’étude.
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Type de responsable de traitement 2
Responsable de traitement 2
Localisation du responsable de traitement 2
Le responsable de traitement est également responsable de mise en oeuvre
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
Paragraphe présent dans la note d'information indiquant au patient ses droits tels que prévus par les articles 15 et 20 du RGPD