Risque d’encéphalopathie hépatique clinique après la détection d’une encéphalopathie hépatique minime au cours de la cirrhose : Cohorte prospective nationale Acronyme: ANTPro
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
La cirrhose constitue un enjeu important de santé publique comme en atteste la prévalence estimée de 2000 à 3300 cas par million d'habitants, avec une incidence annuelle de 150 à 200 cas par million d'habitants. Les principales causes de cirrhose en France sont une consommation excessive d’alcool, les hépatites chroniques virales B et C, le syndrome métabolique, et l’hémochromatose. Au cours de la cirrhose, des complications sévères peuvent survenir (hémorragie digestive, ascite, encéphalopathie hépatique (EH), infection, et cancer primitif du foie), nécessitant des hospitalisations fréquentes. La cirrhose et ses complications sont responsables d’environ 15000 décès chaque année chez des patients relativement jeunes (âge moyen de 55 ans).
Parmi les complications de la cirrhose, l’EH est probablement la plus sévère. On distingue 2 entités différentes : (1) l’EH clinique, au cours de laquelle les patients ont des signes cliniques tels que le ralentissement psychomoteur, l’asterixis, voire le coma ; (2) l’EH minime, au cours de laquelle l’examen clinique standard est normal. L’EH minime engage le pronostic en étant un facteur favorisant de l’EH clinique, et en altérant la qualité de vie des patients et des proches. Malheureusement, l’EH minime est difficile à diagnostiquer ainsi l’EH minime n’est généralement ni dépistée, ni traitée.
Devant la nécessité de diagnostiquer l’EH clinique et de la traiter, les recommandations récentes de l’AFEF ont stipulé qu’un dépistage de l’EH minime devait être effectué en consultation chez tous les patients atteints de cirrhose, au moyen d’un test très simple dit de dénomination des animaux (nombre de noms d’animaux cités en 60 secondes ou ANT ou Animal Naming Test). Le patient doit nommer le plus grand nombre de noms d’animaux en 60 secondes. Sur les premières séries italiennes rapportées, une valeur seuil de 15 animaux en 60 secondes a une valeur prédictive négative de 76% et une sensibilité de 78% pour le diagnostic d’EHM. Par ailleurs, il est probable qu’il existe une courbe d’apprentissage de l’ANT, même si cela n’a jamais été démontré, et que l’évolution de l’ANT, plus que la valeur absolue de l’ANT lui-même, ait une valeur pronostique. De façon arbitraire, une valeur seuil de 20 animaux sur le test des animaux en une minute (ANT1) en consultation a été proposée par les recommandations françaises, les malades ayant un ANT1 inférieur à 20 une fois étant considérés comme présentant une EH minime. Ce test n’a jamais été validé en français.
L'objectif principal de ce travail est d'évaluer l’incidence à un an de la survenue d’une EH clinique (définie par un score de West-Haven entre 2 et 4, chez des patients atteints d’EH minime (définie par un ANT<20) au cours de la cirrhose.
Il s'agit d'une cohorte prospective observationnelle longitudinale multicentrique, qui prévoit l'inclusion de 300 patients sur une durée d'inclusion de 12 mois, et une période de suivi de 12 mois également.
Population de l'étude:
Critères d’inclusion :
• Patient atteint de cirrhose, selon des critères cliniques, biologiques, morphologiques, histologiques ou sur des tests non invasifs au moment de l’inclusion
• Patient vu en ambulatoire : consultation, hôpital de jour, endoscopie
• Patient de plus de 18 ans
• Présence d’une EH minime définie par un ANT 1 min <20 une fois en consultation
• Patient (ou son représentant légal le cas échéant) informé et ne s’opposant pas à l’utilisation de ses données dans le cadre de la recherche
Critères de non-inclusion :
• Patient ne parlant pas le français
• Patient présentant une EH clinique (définie par un score de West-Haven entre 2 et 4, cf Annexe 1)
• Patient présentant un trouble neurocognitif déjà diagnostiqué d’une autre nature
• Antécédent de transplantation hépatique
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
Pour l’année et le mois de naissance : Calcul de l'âge (Vérification du critère d'inclusion relatif à l’âge) / pour Pour la date de soins : Date de début des symptômes / Date de diagnostic
Pour la date de décès: Pour évaluer le devenir du patient
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Justification de l'utilisation du numéro d'identification des professionnels de santé
Les N° d'identification de sprofessionnels de santé RPPS et CNOM sont demandés sur les CV afin de justifier de la qualification des personnels à mener la recherche. Ces informations ne sont transmises à aucune partie tierce.
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
5
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
Les patients sont informés sur la procédure permettant d’exercer leurs droits dans la note d’informations de l’étude ANTPro qui leur est remise avant leur participation à cette étude et le recueil de leur non opposition.
Dans cette note d’information, il est précisé que les patients disposent d’un droit d’accès, de rectification, de limitation et d’opposition au traitement des données couvertes par le secret professionnel utilisées dans le cadre de cette recherche et que ces droits s’exercent auprès du médecin en charge de la recherche. Il leur est également indiqué qu’en cas de difficultés dans l’exercice de leurs droits, ils peuvent saisir le Délégué à la Protection des données de l’AP-HP (dpo@aphp.fr) et également qu’ils peuvent exercer leur droit à réclamation directement auprès de la CNIL (www.cnil.fr).