N° 27954425

ONCOPAL – Évaluation de l’agressivité des soins en fin de vie chez les patients oncologique

Partager

Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prise en charge des patients

Domaines médicaux investigués

Cancérologie

Bénéfices attendus

Contexte :
Depuis une vingtaine d’années, le nombre de médicaments à visée oncologique disponibles toute localisation confondue a considérablement augmenté et s’accompagne d’un progrès majeur dans l’efficacité de ces traitements, avec des durées de prise en charge de plus en plus prolongées.
Cette évolution voit apparaître une problématique parallèle, celle de l'agressivité dans la prise en charge oncologique à l’approche de la fin de vie avec de nombreuses études locales ou internationales qui rapportent une augmentation de 30% du nombre de chimiothérapies reçues dans les dernières semaines de notamment. Selon certaines études, jusqu’à 20% des patients reçoivent de la chimiothérapie au cours de leur dernier mois de vie, et plus de 10% dans les dernières semaines de vie.
L’ASCO (American Society of Clinical Oncology) recommande clairement d’éviter l’utilisation des traitements spécifiques oncologiques dans les dernières semaines devant l’absence de preuve d’efficacité et devant le risque d'événements indésirables liés aux traitements majorés.
Il a été retenu une définition non exhaustive mais relativement consensuelle par l’ASCO de l’agressivité des soins en fin de vie chez les patients oncologiques à travers des marqueurs tels que l’administration d’un traitement oncologique dans les 14 jours précédents le décès, un passage en réanimation, aux urgences ou en hospitalisation dans les 30 derniers jours de vie, le décès en service de réanimation ainsi que l’intervention tardive des soins palliatifs (moins de 3 jours avant le décès).
Des études nombreuses cherchent à évaluer les facteurs de risque d'agressivité en fin de vie et concernent principalement des caractéristiques intrinsèques au patient tels que l’âge jeune mais également des caractéristiques tumorales avec la notion de “chimiosensibilité attendue” qui peut pousser à surtraiter certains patients. Il est même décrit des facteurs impactant chez le prescripteur lui-même tels que sa personnalité, son âge, son genre.
D’autres travaux s’intéressent aux interventions qui permettraient de prévenir l'agressivité en fin de vie. Les plus marquantes sont l’intervention précoce des soins palliatifs et la présence de la trace d’une discussion éthique au cours du parcours de soins.
Il est notamment recommandé par l’ASCO une prise en charge palliative intégrée comme standard pour les patients avec un cancer dans les 8 semaines du diagnostic métastatique.
Des recherches socio-psychologiques s’intéressent également à l’importance de la qualité de l’information médicale remise dans l’adéquation entre les décisions de soins et les souhaits de vie des patients.
Ces recommandations théoriques sont en pratique difficilement mises en place dans nos centres.
Les délais de rencontre avec les équipes mobiles de soins palliatifs par rapport à la date de décès se situent à une médiane de 41 jours en France et de 18.9 jours en international.
Certaines études multicentriques révèlent qu’à peine la moitié (53%) des patients qui décèdent à cause des complications de leur cancer avaient rencontré une équipe de soins palliatifs au cours de leur prise en charge.
Ces données cliniques vont dans le sens de données économiques suggérant l’impact positif d’une prise en charge palliative intégrée des coûts générés dans le parcours de soins.
Il est pertinent d’interroger nos prises en charges locales afin de faire un état des lieux des soins en fin de vie dans nos centres.
Il est également intéressant de favoriser les travaux de recherche visant à identifier des facteurs pouvant aider à guider nos décisions pour améliorer nos prises en charges.
L’agressivité des soins en fin de vie chez les patients oncologiques fait écho à la notion plus large d’obstination déraisonnable avec le droit au “bien mourir”.
Cette question est au cœur des préoccupations éthiques en France et un enjeu majeur de santé publique.
Critères d’inclusion :
- > 18 ans
- Diagnostic anatomopathologique de cancer solide
- Suivi à l’Oncopole, en Oncologie Digestive du CHU de Rangueil et en Oncologie Thoracique au CHU de Larrey
- Décès durant la période d’inclusion

Critères d’exclusion :
- Décès sans anatomopathologie

De janvier 2024 à juin 2024

Taille de la population : 200 patients

Après identification des cas par le DIM de l’IUCT-O, les données des patients décédés suivis pour une tumeur solide à l’Oncopole, en Oncologie Digestive au CHU de Rangueil, en Oncologie Thoracique au CHU de Larrey et concernés seront recueillies à partir des dossiers médicaux.

Les données ainsi collectées seront intégrées dans un fichier Access sécurisé par un mot de passe. Un numéro de pseudonymisation sera attribué à chaque patient. Une table de correspondance entre le numéro de pseudonymisation et le numéro de dossier patient sera réalisée dans un autre fichier sécurisé séparé de la base de données (dossier et serveur séparés).
Les bases de données et le tableau de correspondance contenant les numéros de dossiers seront conservés de façon sécurisée sur le système d’information jusqu’à 2 ans après la publication des premiers résultats puis archivées de façon intermédiaire pendant 5 ans avant d’être totalement anonymisées ou détruites.

Partie biostatistique :
• Critère principal
L’agressivité des soins en fin de vie est définie par
Critère composite (au moins) pour définir l’agressivité des soins :
# nombre de passage aux urgences dans les 30 derniers jours de vie,
# nombre de passage en réanimation sous services de soins continus dans les 30 derniers jours de vie,
# nombre d’hospitalisation conventionnelle dans les 30 derniers jours de vie,
# si un changement de ligne thérapeutique a été réalisé dans les 30 derniers jours de vie,
Critères qualitatifs pour décrire l’agressivité :
# Date du dernier traitement spécifique reçu avec calcul du délai au décès,
# la durée totale d’hospitalisation des 30 derniers jours et 3 derniers mois de vie, calcul du délai entre la date d’intervention de l’EMSP et la survenue du décès.

• Analyse
Les données seront décrites par les statistiques descriptives usuelles. Les variables qualitatives seront présentées de la façon suivante : nombre de données manquantes, nombre et pourcentage pour chaque modalité de la variable. Les données quantitatives seront présentées de la façon suivante : nombre de données manquantes, minimum, maximum et médiane.
Les comparaisons entre les groupes seront faites avec le test du Khi-deux ou Fisher exact pour les données qualitatives et avec le test de Mann-Whitney pour les données quantitatives

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations relatives aux pathologies des personnes concernées
Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance
Date de soins (JJ/MM/AAAA)
Date de décès (JJ/MM/AAAA)

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

Données nécessaires aux calculs de survie et de durée de soins.

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement privé de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

Oncopole Claudius Regaud

1 Avenue Irène Joliot-Curie 31100 Toulouse 31059 Toulouse Cedex 9 France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Calendrier du projet

Date de début : 01/03/2024 – Date de fin : 30/04/2026 Durée de l'étude : 24
Etape 1 : Dépôt du projet
28/11/2025

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

5

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(f) intérêts légitimes du responsable de traitement

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

L’ensemble de notre démarche est détaillée sur notre site internet, à la page suivante : https://www.iuct-oncopole.fr/recherches-necessitant-une-reutilisation-d…

Conformément au Règlement Général sur la Protection des Données, les patients disposent à tout moment d'un droit d'accès, de rectification, d’opposition pour motif légitime sur leurs données (cf. cnil.fr pour plus d’informations sur les droits). Ils disposent en outre :

● Du droit de solliciter une limitation du traitement de leurs données,
● D’un droit à l’oubli et à l’effacement numérique,
● D’un droit à la portabilité de leurs données,
● Du droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL.

Pour exercer ces droits, ils peuvent s’adresser, en fournissant une copie d’un justificatif de leur identité, au délégué à la protection aux données de l’Institut pour leurs questions concernant leurs données à caractère personnel, aux coordonnées suivantes :
Mr Guillaume Jauffret - IUCT – Oncopole - 1 avenue Irène Joliot-Curie - 31059 TOULOUSE Cedex 9
DPO-ICR@iuct-oncopole.fr - Tél : 05 31 15 57 03

Délégué à la protection des données

Oncopole Claudius Regaud – IUCT-Oncopole

1 Avenue Irène Joliot-Curie 31100 Toulouse 31059 Toulouse Cedex 9 France

jauffret.guillaume@iuct-oncopole.fr