N° 28222291

EJALIF _ Étude descriptive rétro-prospective des troubles sexuels et urinaires chez l’homme et la femme après une chirurgie de la colonne vertébrale à partir des données de santé préexistantes

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prévention et traitement
Compréhension des maladies
Prise en charge des patients

Domaines médicaux investigués

Urologie, andrologie et néphrologie

Bénéfices attendus

Les douleurs lombaires sont un problème courant et un fardeau social, psychologique et économique. On estime que jusqu’à 80 % des personnes au cours de leur vie présenteront des douleurs liées à une maladie dégénérative de la colonne vertébrale (Rubin, 2007). Diverses techniques chirurgicales se sont avérées efficaces pour améliorer la douleur et la qualité de vie chez des patients (Weistein et al, 2009 et 2010). Si ces procédures permettent une amélioration significative de la douleur, elles sont cependant à l’origine de certaines complications notamment sexuelles et urinaires encore peu détaillées dans la littérature.
Il est maintenant établi que l’approche chirurgicale, notamment les chirurgies par voie antérieure (Hagg et al. (2006) [2]), la réalisation de la fusion lombaire et la douleur résiduelle peuvent affecter la fonction sexuelle et urinaire postopératoire (Malik et al., 2018 [1]). En effet, environ 10% des patients après chirurgie de la colonne rapportent ces troubles occasionnés [1].
Dans la littérature, la dysfonction sexuelle après une chirurgie lombaire s’est principalement concentrée sur la fonction biologique masculine. Fisher et al. (2014) ont mis en évidence des troubles érectiles, ainsi que des difficultés à avoir un orgasme, jusqu’à 3 ans après une chirurgie par voie antérieur de la colonne lombaire. D’autres études ont rapporté des troubles de l’éjaculation, avec la survenue d’une éjaculation rétrograde (ER) à la suite d’une chirurgie d’accès antérieur, avec une incidence qui varie considérablement de 0 à 45 % selon les études [1]. Murray et al. (2015) ont mis en évidence une incidence d’ER de 3.7% après une chirurgie pour la déformation de la colonne vertébrale chez l’adulte. Niemeyer et al. (2004) ont constaté une incidence d’éjaculation rétrograde de 13,3 % (4/30) chez les patients subissant des fusions rétropéritonéales antéro-postérieures. De même, Sasso et al. (2003) ont également constaté une incidence

significativement plus élevée d’ER après fusion intersomatique (13,3 %).
Ces troubles seraient favorisés par des lésions du plexus hypogastrique due à l’approche chirurgicale elle-même (antérieur) ou à l’utilisation de la protéine morphogénétique osseuse lors de la chirurgie (BMP) (Lu et al., 2009), même si d'autres études n’ont pas montré d’association significative entre l’utilisation de BMP et l’apparition d’ER (Burkus et al, 2013).
De plus, l’évolution des troubles n’est pas encore bien connue et reste divergente dans la littérature. Dans l’étude de Rajaraman et al. (1999) le taux d’éjaculation rétrograde était de 9,6 % et les patients se sont rétablis 15 mois après chirurgie de la fusion intersomatique lombaire antérieure. Pour les chirurgies de déformation de la colonne, Hamilton et al. (2013) ont constaté qu’environ 42 % des patients ont signalé une dysfonction sexuelle sévère lors d’un suivi moyen de 36 ± 15 mois après la chirurgie. De même, l’étude de Berg et al. (2009) a rapporté que la vie sexuelle n’était pas améliorée de manière significative après l’opération après un remplacement total du disque ou une fusion postérieure, mais à 2 ans, elle a constaté une amélioration significative.
Très peu d'études se sont intéressées à l’incidence des troubles sexuels féminin post-chirurgie. Hagg et al. (2006) [2] ont montré une perturbation de l’orgasme et un changement sensoriel pour la fusion antérieure et postérieur chez les hommes ainsi que chez les femmes, mais sans différence significative. Cependant, la population évaluée était petite, de sorte que la puissance statistique est limitée. En ce qui concerne les chirurgies de fusion cervicale, 39% signalent une détérioration de la fonction sexuelle après chirurgie chez les hommes et chez les femmes (Keefe et al., 2017).
En ce qui concerne les troubles urinaires, la littérature reste encore très limitée. Plusieurs études se sont principalement intéressées à la rétention urinaire post-opératoire (POUR), une complication courante qui peut entraîner des douleurs, une distension excessive de la vessie, des infections des voies urinaires, voire une bactériémie (Hernandez, Nicholas S., et al., 2022). L’incidence post-opératoire de la POUR varie considérablement selon les études : Hernandez et al. rapportent une incidence de 9 à 26 %, tandis qu’Altschul et al. (2017) [3] ont montré que 8,8 % des patients développaient une POUR, avec une prévalence plus élevée chez ceux ayant subi une chirurgie lombaire postérieure. Lee et al. (2007) ont quant à eux observé une incidence de 27,1 % après chirurgie.
Concernant l’évolution de ces troubles, la littérature est encore peu précise. Takaoka et al. (2022) mettent en évidence une période de récupération de la rétention urinaire variant de 4 jours à 9 mois après l’intervention. D’autres études, comme celle de

Nakajima et al. (2024), indiquent que le temps médian de récupération est d’environ 41 jours, et seulement 52,2 % des patients montrent une amélioration dans les 3 mois suivant la chirurgie. Ces données suggèrent une grande variabilité dans la récupération, mais il existe encore un manque de connaissances sur les trajectoires à long terme.
Par ailleurs, les études existantes se sont principalement concentrées sur les facteurs de risque de la POUR, tels que l’âge avancé, le sexe masculin, l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), le diabète sucré (DM) et les antécédents d’infection urinaire (Hernandez, Nicholas S et al., 2022; Han-Hsi et al, 2022; Altschul et al., 2017). Cependant, la littérature ne couvre que très peu d’autres troubles urinaires, notamment les incontinences urinaires ou les dysuries, qui sont également fréquents et susceptibles d’affecter la qualité de vie des patients.
Il serait donc pertinent d’élargir la recherche afin de caractériser un panel plus large de troubles urinaires, en intégrant notamment les incontinences urinaires, les dysuries, ainsi que d’autres dysfonctionnements urinaires, afin de mieux comprendre leur fréquence, leur évolution, et leurs facteurs de risque. Cela permettrait de mieux orienter la prise en charge et d’identifier des stratégies de prévention et de traitement adaptées.
En résumé, bien que plusieurs études aient identifié des troubles sexuels et urinaires à la suite d'une chirurgie de la colonne vertébrale, il existe peu de données précises permettant de caractériser les différents troubles sexuels et urinaires, leur fréquence exacte, leur gravité et leur évolution à long terme. La nature exacte de ces troubles, leur réversibilité et leur impact sur la qualité de vie restent encore mal définis. Cette insuffisance de données souligne la nécessité d’études complémentaires pour mieux comprendre ces complications.
Dans ce contexte, nous proposons de réaliser une étude non interventionnelle basée sur la collecte de données de santé recueillies dans le cadre des soins courants et préexistante dans le dossier médical. L’objectif est d’évaluer l’incidence, la gravité et la récupération à long terme des troubles sexuels et urinaires chez les patients ayant subi une chirurgie du rachis. Cette recherche permettra d’apporter un éclairage plus précis sur ces complications, d’identifier les facteurs de risque et d’orienter les stratégies de prévention et de prise en charge adaptées.
Nous limiterons le cadre de cette étude aux interventions par voie antérieure à l'origine de la majorité des troubles mentionnés.

L'objectif principal : Etudier la prévalence des troubles fonctionnels sexuels de 3mois -1an après une chirurgie du rachis par la voie abdominale dite antérieure.

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social
Informations relatives aux bénéficiaires de soins et de prestations médico-sociales

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance
Date de soins (JJ/MM/AAAA)

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

L’âge des patients constitue une variable potentiellement confondante susceptible d’influencer le critère de jugement principal. Sa prise en compte est donc nécessaire pour éviter les potentiels biais liés à des différences d’âge au sein de la population étudiée.
La date des soins est nécessaire afin de pouvoir définir les trois périodes de recueil de données.

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34295 MONTPELLIER CEDEX 5 France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Calendrier du projet

Date de début : 21/10/2025 – Date de fin : 21/10/2028 Durée de l'étude : 36
Etape 1 : Dépôt du projet
12/12/2025

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

Une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34295 MONTPELLIER CEDEX 5 France

dpo@chu-montpellier.fr